05.Vagues Aquariennes. Quelques Autres Réflexions sur la Fin de Cycle 2012

Durant la grande partie de ma vie que j’ai consacrée à l’étude du ciel dans ses aspects astrologiques, astronomiques et mythologiques, j’ai souvent éprouvé quelques difficultés à donner un sens à tout ce matériau et je me suis parfois enlisé dans un maelstrom d’images et d’associations. J’ai réussi à structurer, de façon cohérente, une bonne partie de ce que j’ai appris durant toutes ces années grâce à ce que j’ai découvert dans le Zodiaque de Dendera. Ce Zodiaque m’a montré, entre autres choses, comment situer notre époque historique en relation avec l’émergence de l’Age du Verseau.

Le Zodiaque de Dendera est l’un des calendriers sacrés les plus connus au monde, du même niveau que Stonehenge et que la pierre de calendrier Aztèque (la Pierre du Soleil) mais, malgré cela, un seul ouvrage a été rédigé à son sujet: “Le Zodiaque de Dendera”, ouvrage en Français d’Albert Slosman publié en 1980. J’eus la chance d’en découvrir un exemplaire dans une bibliothèque publique décrépite de Bruxelles. L’intérêt principal de l’ouvrage de Slosman réside dans les rites Osiriens de résurrection qui sont dépeints sur les peintures murales complexes dans le temple d’Isis où le Zodiaque de Dendera fut découvert par l’expédition Napoléonienne. Il ne dit rien d’extraordinaire quant à la structure et à la finalité du Zodiaque Egyptien enchâssé à Dendera. Tous ceux qui écrivent sur les sites mégalithiques, et sur les temples astronomiques, font allusion à ce fabuleux artefact mais sans l’explorer en profondeur ou sans tenter d’en décoder son imagerie généreuse.

 

Art Intentionnel

Comme beaucoup d’autres, je découvris le Zodiaque de Dendera en lisant l’ouvrage de Peter Tompkins, “Les Secrets de la Grande Pyramide” (1971). Sa présentation en six pages de la planisphère se situe dans la ligne de l’oeuvre de Schwaller de Lubicz (“Le Temple de l’Homme”) et de Norman Lockyer (“The Dawn of Astronomy”), qui sont considérés comme les deux fondateurs de l’archéoastronomie. Aucun de ces vénérables auteurs, ni le génial Tompkins, ne présente rien se rapprochant d’une étude en profondeur de l’artefact, à part quelques rares détails émoustillants quant à sa structure.

De très belles photos de Dendera sont disponibles sur un site internet.

 

Trésors de la Déesse

Schwaller de Lubicz identifia quatre axes dans l’infrastructure du Zodiaque de Dendera et tous les investigateurs subséquents le suivirent dans cette ligne de recheches. L’ouvrage “Le roi de la théocratie Pharaonique” contient un croquis de la planisphère montrant toutes les figures selon des proportions et des positions précises. (Le croquis fourni par le Musée du Louvre est moins clair et il est faux). A partir du rendu précis des personnages en relief de l’artefact de grès, il est relativement aisé de découvrir l’infrastructure des axes encodés dans les dates précessionnelles.

Quel que fut celui qui réalisa sa structure graphique – probablement des artisans oeuvrant sous la direction de prêtres-astronomes – il arrangea les figures en relief d’une manière qui devait avoir été prédéterminée. La structure fondamentale consiste en deux cercles en intersection, un dont le centre se trouve sur la patte avant droite du dieu chacal Anubis et l’autre dont le centre se trouve sur le téton du sein gauche de la déesse hippopotame Tu-Art, l’image Egyptienne de la Constellation du Dragon, le Dragon des Pôles. L’arrangement graphique des figures Zodiacales, sur la planisphère, correspond parfaitement à l’infrastructure et les alignements que l’on peut détecter ne peuvent donc pas avoir été accidentels, combinés ou surimposés. Les alignements (c’est à dire les aspects axiaux encodant les dates et les directions cosmiques) ont du être inscrits avant que les figures ne soient sculptées.

Tout comme la Pyramide de Giza, Stonehenge et d’autres anciens mégalithes, le Zodiaque de Dendera est un exemple de ce que P. D. Ouspensky (“En Quête du Miraculeux”) appelle “de l’art intentionnel” – à savoir, une oeuvre d’art sacré intentionnellement encodée avec des informations.

Après de nombreuses années d’étude du Zodiaque de Dendera, j’ai découvert un cinquième axe qui encode la fin du cycle actuel précessionnel, 2216 EC. Un alignement marqué par l’étoile Spica, dans la tête de la gerbe de blé tenue par Virgo-Isis, définit un angle droit avec le centre galactique. Le cinquième axe sectionne transversalement les Poissons à un point qui est proche de l’équinoxe actuelle de printemps et il apparaît donc que les concepteurs de Dendera s’étaient projetés dans notre époque actuelle. En fait, ils déterminèrent le changement de Kalpa, le grand cycle de 25 920 années, utilisant le centre galactique pour déterminer l’heure de minuit, ainsi que nous l’avons expliqué dans l’essai précédent. Ils ne s’étaient pas projetés à notre époque précise, cependant, mais à un moment qui se situe deux siècles en avant. Dépeints graphiquement sur le Zodiaque de Dendera, deux degrés correspondent à une minute d’incrément.

Le Zodiaque de Dendera nous met sur la piste de la fin de cycle précessionnel, le grand moment en relation avec lequel 2012 n’est qu’un frisson préparatoire. Les “vagues” qui émanent du Verseau sont telles des rides sismiques qui précèdent un tremblement de terre massif: à savoir le changement de Kalpa en 2216 EC.

 

Coucher de Soleil Egyptien

Malgré sa symétrie d’ensemble et sa précision astronomique, le Zodiaque de Dendera fait preuve d’anomalies frappantes. Les Gémeaux, le Cancer et la Balance sont insérés et donnent l’impression que le cercle Zodiacal spirale vers l’intérieur, s’invertissant vers son centre. L’espace considérable entre les Poissons et le Verseau – Pisces et Aquarius si vous préférez les termes astrologiques – constitue également un aspect étrange. La présentation graphique traditionnelle de ces constellations suit toujours les compositions astronomiques, à savoir les constellations dans le ciel réel telles qu’elles se distinguent des signes astrologiques, et elle place l’urne sur le côté droit du Verseau, avec l’un des Poissons nageant vers, ou dans, le flux qui s’en écoule.

Le Zodiaque de Dendera présente une autre manière de visualiser ces constellations. Il dépeint le Verseau debout plutôt qu’assis et il le fait faire face au Capricorne de telle sorte que les eaux des deux petites urnes sont en contact avec la queue de cet animal mythique. Cette façon inhabituelle de dépeindre le Verseau suggère que le Capricorne, le Poisson-Chèvre, nage à partir des eaux des urnes, alors que les atlas célestes traditionnels placent le poisson occidental en position de nager dans ces eaux.

Rien qui ne soit dépeint dans le Zodiaque de Dendera, aucun détail fut-il léger, n’est accidentel, arbitraire ou déplacé. Les concepteurs montrent le  personnage Aquarien, qui représente le premier âge à émerger à partir du changement complet de Kalpa, dans un positionnement inhabituellement distancé des Poissons. C’est là encore un aspect anormal. D’autres figures Zodiacales dans le bas-relief se touchent, ou même se superposent, tout comme le font certaines constellations dans le ciel. L’espace béant dans le Zodiaque de Dendera suggère “une longue étape” des Poissons au Verseau, ou même une rupture dans la continuité à long terme des Ages. Je suis convaincu que les concepteurs du Zodiaque de Dendera ont délibérément dépeint la transition Poissons-Verseau de cette façon parce qu’ils vivaient au moment historique où leur tradition venait d’expirer, l’époque du coucher de soleil de la civilisation Egyptienne et ils se tournaient vers le futur avec appréhension et incertitude, éprouvant des doutes quant à la survie de la connaissance sacrée au travers de l’ère des Poissons. Nous vivons aujourd’hui dans l’intervalle distendu et incertain qu’ils avaient entrevu – le travail inachevé de l’Age des Poissons.

Cette interprétation de la façon dont les initiés Egyptiens, il y a  plus de 2000 ans, envisageaient notre époque n’est pas que de la spéculation. Il existe des évidences textuelles pour la valider. “L’Hermetica” rapporte la tristesse de l’initié vis à vis de ce qui a été perdu et son souci par rapport au futur à long terme:

«Puisqu’il est normal que les hommes sages aient la connaissance de toutes ces choses avant de trépasser, vous ne devez pas être laissés dans l’ignorance de cela: il viendra un temps lorsqu’on s’apercevra que les Egyptiens honoraient en vain la divinité de tout leur coeur et avec assiduité; et notre culte sacré sera considéré comme infructueux et inefficace. Car l’Egypte sera oubliée et la terre qui était autrefois la demeure de la religion sera abandonnée dans la désolation, privée de la présence de ses divinités. La terre et la région seront pleines d’étrangers… les hommes négligeront le service des dieux… Pour toi, Nil très sacré, je pleure, pour toi, je prédis ce qui sera; gonflé de torrents de sang, tu t’élèveras jusqu’au niveau de tes rives et tes vagues sacrées seront non seulement souillées mais viciées totalement de sang…» (Asclepius III dans “Hermetica”, traduction de Walter Scott. Shambala Editions, Boston, 1985. Volume I, page 341).

Cette lamentation se poursuit sur deux autres pages concluant lugubrement que «tout bien disparaîtra du monde». Mais alors l’instructeur, Hermès Trismegistus (Nom de Mystère pour un adepte capable de percevoir la Lumière tripartite d’Isis) assure son élève, Asclepius, que la divinité suprême va purifier la Terre par l’eau et le feu et ramènera l’humanité sur le bon chemin. «La divinité va ramener ce monde à son aspect premier de telle sorte que le Kosmos soit de nouveau digne de vénération et de révérence» (ibidem).

Les voyants Egyptiens, qui nous laissèrent l’Hermetica, annoncèrent un retour de l’Age d’Or, représenté par le Verseau, le premier Age à se développer après l’heure de minuit en 2216 EC bien qu’il n’émerge pas immédiatement avec le changement de Kalpa.  Ils savaient que l’Age futur arriverait éventuellement, après environ 600 ans, et ils doivent avoir ressenti avec une appréhension aiguë ce par quoi l’humanité passerait avant d’y arriver.

Le Zodiaque de Dendera exagère l’espace entre les Poissons et le personnage du Verseau, semblable à Osiris, et dépeint l’eau qui s’écoule en deux jets vers le Capricorne, au contraire des images traditionnelles qui montrent le Poisson occidental comme s’il nageait dans les eaux jaillissant de l’urne. Entre les Poissons se trouve la Tablette de la Destinée (le carré de Pégase). En-dessous du Poisson occidental se tient une prêtresse d’Isis tenant un cochon par la queue, une indication symbolique d’une éclipse lunaire. Un personnage au visage de Janus, et à la tête couronnée, représentant une planète, se dirige vers le Verseau.

Les concepteurs du Zodiaque de Dendera étaient rigoureux dans leur représentation graphique du passage des Poissons au Verseau. Leur prévision du cycle précessionnel véhicule une leçon profonde. Le Zodiaque de Dendera montre visuellement les dynamiques réelles du déroulement des cycles cosmiques tels qu’ils correspondent à la forme visible des constellations. Le Zodiaque – le mot signifie “cycle d’animations” et non cercle des animaux – est une horloge cosmique dont les heures sont indiquées par des images immenses et scintillantes. Un décalage considérable dans le temps se manifeste du changement de Kalpa en 2216 EC jusqu’au passage de l’équinoxe du printemps dans le Verseau aux alentours de 2800 EC. Parmi les choses fascinantes que j’ai apprises du Zodiaque de Dendera est la suivante: l’émergence du premier âge d’un nouveau Kalpa ne coïncide pas avec la fin de l’ancien Kalpa. En d’autres mots, le cycle complet du Kalpa, environ 26 000 années, est constitué de treize Ages Zodiacaux mais le changement de Kalpa ne se manifeste pas précisément à la transition d’un Age à l’autre.

Dans le synchronisme Zodiacal cartographié par les constellations du ciel réel, l’Age du Verseau est toujours le premier Age d’un nouveau Kalpa mais, dans le cycle intégral de 25 920 années, l’heure de minuit sonne lorsque l’équinoxe de printemps est bien encore dans les Poissons.

Cette situation nous rappelle qu’il existe toujours du travail inachevé, à la fin d’un Kalpa, qui est reporté sur le suivant. Nous vivons dans l’époque du karma inachevé de l’humanité, la phase de clôture de l’Age des Poissons, une ère de fanatisme religieux, d’espérances messianiques et de révolutions manquées. Cet Age est exceptionnellement long, de 120 avant EC à 2800 EC, correspondant à l’étendue réelle des constellations. Selon mes calculs fondés sur le Zodiaque de Dendera, le changement de Kalpa arrive en 2216 EC, à environ huit dixièmes de l’Age des Poissons. Les deux dixièmes restant, environ 585 années, jusqu’à ce que l’Equinoxe du Printemps entre dans la constellation du Verseau, représentent la période restante du travail inachevé – le résidu karmique, si vous préférez. Nous sommes juste en train d’entrer dans la pénombre de cette période difficile.

 

De Retour vers le Futur

Pour replacer notre moment de l’histoire à l’aube de l’Age du Verseau, il nous faut examiner la séquence intégrale des Ages. Pour des raisons inconnues, cela se fait rarement, malgré que cela ne soit pas difficile. Nous pouvons aisément remonter l’horloge sidérale jusqu’à l’époque où l’humanité vécut pour la dernière fois dans l’Age du Verseau, au début du Kalpa présent. Nous allons calculer cette époque très lointaine en retraçant l’Equinoxe du Printemps à partir de sa position présente dans les Poissons, au rythme d’un degré tous les 72 ans, tout autour du Zodiaque jusqu’à la constellation du Verseau. Les dates correspondantes sont de 22 900 à 21 500 avant EC, le milieu de l’ère Paléolithique qui commença aux environs de 40 000 avant EC.

Ce calcul montre de suite comment le modèle des Ages Zodiacaux s’oppose aux sciences conventionnelles de la préhistoire et de l’archéologie. Il est assez déroutant de tenter de coordonner le synchronisme Zodiacal avec ce que nous savons, ou ce que nous présumons savoir, au sujet de la préhistoire. Comment vivaient les humains dans l’Age du Verseau précédent qui se déroula de 22 900 à 21 500 avant EC?  Dans quel sens cet “Age d’Or” fut-il l’aube d’un nouveau cycle dans le monde? En termes de préhistoire conventionnelle, ce scénario paraît extrêmement improbable. Il n’existe aucune évidence de civilisation développée à cette époque, ni même d’une quelconque société organisée. Ce fut l’époque des humains primitifs qui vivaient dans des grottes et qui survivaient de purs expédients face à des conditions de glaciation léthale – c’est du moins ce que l’on nous dit.

Le cadre ci-dessous décline toute la séquence chronologique des Ages Zodiacaux, calculés astronomiquement avec le changement d’équinoxe de printemps au travers des constellations. Les lignes en gras signalent les dates encodées dans les Axes du Zodiaque de Dendera. L’une des dates, 4241 avant EC, est la plus vieille date consignée reconnue par les historiens. Quelle que soit la valeur que l’on accorde au Zodiaque de Dendera, c’est (à ma connaissance) l’unique artefact au monde qui mette en valeur cette date éloignée.

Séquence Intégrale des Ages Zodiacaux

Heure de minuit du présent Kalpa: 23 704 avant EC.

Solstice d’hiver au centre galactique, Sagittaire: Axe E sud-ouest.

Le solstice d’hiver se reproduit à ce point en 2216 EC.

Les Ages précédents:

Le Verseau: 22 900 – 21 500 avant EC.

Cet Age commence environ 800 ans après le début du Kalpa.

Fin du Haut Paléolithique

Capricorne: 21 500 – 19 500 avant EC.

Sagittaire: 19 500 – 17 500 avant EC.

Scorpion: 17 500 – 15 250 avant EC.

Axe D, sud-ouest Scorpion: équinoxe du printemps à Antarès 16 062 avant EC.

Balance: 15 250 – 14 000 avant EC.

Vierge : 14 000 – 10 500 avant EC.

Art rupestre du Bas Magdalénien. Cultes de la Grande Déesse.

L’ère Mésolithique commence vers 10 000 avant EC.

Axe E, ouest. Vierge-Lion: demi-cycle 10 500 avant EC.

Lion: 10 500 – 7800 avant EC.

Cultes solaires de la Déesse tels que Sekmet, sites mégalithiques à Newgrange, Karnac, etc.

Cultures Néolithiques dans l’antique Proche Orient et ailleurs.

Newgrande et autres sites mégalithiques.

Cancer: 7800 – 6200 avant EC.

Sociétés civilisées de la vieille Europe

dont Catal Huyuk en Anatolie, Ain Ghazal en Jordanie

Axe B, nord, Cancer, aligné avec l’étoile entre les cornes du Bélier d’Hathor: 7 180 avant EC.

Gémeaux: 6200 – 4300

Sociétés Gylaniques? Crète minoenne

Axe C, nord Gémeaux: Cultes de la Déesse 5550 avant EC.

Taureau: 4300 “émergence de la civilisation”

Période des premières invasions des Kurgan selon Maria Gimbutas

Axe D, nord Taureau: Calendrier de Sothis: 4241 avant EC.

Bélier: 1820 avant EC. Religion Abrahamique, codes et lois paternelles, patriarcat

Plus les super-mentaux: Bouddha, Zoroastre, Lao Tseu, Mahavira, Solon, Pythagore,

les sages et savants Grecs

L’âge se termine avec Alexandre le Grand et l’essor du messianisme Juif, les Zaddikim, etc

Axe A, est Bélier, 700 avant EC. Amun.

La date de fondation du Zodiaque de Dendera est 700-695 avant EC. L’infrastructure fut élaborée pour marquer cette date en tant que moment d’inauguration même si le temple actuel ne fut construit que 500 plus tard.

Poissons: 120 avant EC. L’Age des Poissons est encore en cours.

Le virus messianique Juif se répand dans tout l’Empire Romain.

Essor du Christianisme et de l’Islam

Axe E, est Poissons: changement de Kalpa: 2216 EC.

La séquence intégrale montre, de façon dramatique, comment de nombreux moments-clés du Kalpa furent enregistrés par les alignements axiaux du Zodiaque de Dendera. Certains lecteurs vont noter la date de 10 500 avant EC qui a suscité beaucoup de débat en lien avec l’année 2000. Hancock, Beauval et d’autres ont exploré cette date de façon extensive en corrélation avec la fin du dernier Age de Glaces et d’autres bouleversements catastrophiques. 10 500 avant EC marque le demi-cycle du présent Kalpa. Il est encodé sur le Zodiaque de Dendera par l’axe E collé à Spica, l’étoile dans la tête de la gerbe de blé tenue par la Vierge. L’axe E touche Denebola, l’étoile de la queue du Lion. Sa longitude écliptique de 172 degrés correspond à 12 384 années de précession, soit 10 384 avant EC. C’est de cette manière que les concepteurs du Zodiaque de Dendera indiquèrent le moment initial de l’Age Léonin. L’équinoxe du printemps va à rebours des constellations, touchant tout d’abord la queue du Lion.

J’ai arrondi les dates à 100-150 ans, ce qui est l’équivalent d’environ deux degrés de longitude écliptique, mais elles représentent des marges acceptables pour les limites observables des constellations. Que pouvons nous tirer de cette chronologie? Selon mon expérience, il est extrêmement difficile de dégager des corrélations systématiques entre les Ages Zodiacaux et les événements préhistoriques. Les corrélations ne sont au mieux que des approximations mais certaines correspondances sautent cependant aux yeux. L’art du Bas Magdalénien correspond à l’Age de la Vierge et célèbre le culte de la Grande Déesse. Cette association est parlante, mais extrêmement vague, bien sûr.

Il est évident que plus on se rapproche de l’époque présente et plus les corrélations sont aisées et authentiques: 4241 avant EC, la date d’inauguration du calendrier Egyptien de Sothis correspond à l’essor du patriarcat et est étroitement corrélé aux études de Gimbutas relatives aux invasions des Kurgan. Lorsqu’on arrive à l’Age du Taureau, les corrélations deviennent plus plausibles. Il est possible de retracer l’équinoxe du printemps au travers du Bélier (1850 – 120 avant EC) étoile après étoile, et de découvrir des corrélations étonnantes avec des événements historiques. Par exemple:

Alpha dans le Bélier, appelée Hamal, est l’étoile la plus brillante dans la constellation peu lumineuse qui se tient presqu’entièrement au-dessus de l’Ecliptique.  Dans les listes Babyloniennes d’étoiles, cette étoile était appelée Arku-shar-risku-ku, “le derrière de la tête de Ku”, le Régent du Bélier, Si-Mal, “l’étoile de corne”. Sa longitude calculée pour l’année 2000 EC est 37.66 degrés. 37.66 X 72 = 2640 ce qui fait 640 avant EC. En 640 avant EC, Assurbanipal d’Assyrie établit son palace à Ninive et construisit une immense bibliothèque, le répositoire de dizaines de milliers de tablettes cunéiformes. Sa découverte compte pour une grande partie de ce que nous connaissons de l’antique Proche Orient, incluant la légende de Gilgamesh et le mythe Assyrien du déluge, le fondement du déluge de la Bible. En 635 avant EC, naquit le philosophe Grec Thales. Il est généralement considéré comme le premier vrai rationaliste et fondateur de la science Grecque. De nombreux autres “esprits brillants” apparurent à cette même époque, en Grèce et ailleurs. Ces événements historiques reflètent le motif mythologie du Bélier: connaissance cérébrale, maturation des capacités du cerveau frontal (les lobes frontaux: les cornes du bélier), apprentissage, science, réalisation intellectuelle, proportions mentales et schémas mentaux mâles.

Dans le développement de telles corrélations, il est essentiel de se souvenir que la dynamique qui est ici opérationnelle est la réciprocité, ou le reflet, et non pas la causalité. La conjonction de l’équinoxe du printemps avec l’étoile de tête du Bélier ne provoqua pas la manifestation de ces événements mais “l’écriture céleste” enregistre et à la fois reflète ce qui se passa à ce moment. La psyché et le cosmos étoilé se reflètent l’un l’autre et sont, d’une façon étonnante, interactifs; mais je mettrai fortement en garde contre les théories de déterminisme astral, “l’influence des étoiles”, etc.

 

Histoire Alternative

Que pouvons-nous donc déduire du schéma à long terme des Ages Zodiacaux? Et comment cela nous aide-t-il à nous resituer dans le moment courant de l’histoire? Et d’ailleurs, cela nous aide-t-il? Etant donné que cet exercice est assez élaboré, on peut très bien se demander si le jeu en vaut la chandelle.

Pour ma part, j’en suis persuadé, mais il nous faut d’abord apprendre à jouer de ce schéma comme d’un instrument. Et pour ce faire, nous avons besoin de l’imagination appliquée, combinée avec une vue d’ensemble très exhaustive de l’histoire et de la préhistoire. En bref, nous inventons une histoire qui s’aligne  avec le schéma Zodiacal, en le faisant correspondre à des événements ou à des tendances, et nous nous plaçons dedans cette histoire. La finalité est d’élaborer une histoire alternative, une narration qui nous pousse à la compréhension et à l’action plutôt qu’une liste stérile d’événements datés.

Les corrélations historiques avec le mouvement de l’équinoxe du printemps au travers du Zodiaque peuvent être élaborées, de façon extensive, à partir de l’Age du Taureau jusqu’à notre époque présente mais on ne peut pas négliger des moments plus anciens – particulièrement lorsque l’équinoxe de printemps était dans la constellation opposée au Taureau, à savoir le Scorpion. En remontant 6000 ans plus loin que le dernier Age du Verseau, l’équinoxe du printemps passa dans les étoiles de cette longue et scintillante constellation aux alentours de 17 500 avant EC. Quelle sorte d’histoire alternative prend forme lorsque nous retraçons l’équinoxe du printemps au travers du Scorpion?

Rappelons que la date de 3102 avant EC identifie les conditions initiales du Long Compte Maya, si l’on se réfère à la corrélation Hindoue-Maya-Egyptienne. L’Axe D du Zodiaque de Dendera coupe le Scorpion dans la partie supérieure de l’abdomen, qui est marqué de façon distincte par Antarès dans les observations célestes. Cet alignement indique la date de 3102 avant EC. Comme nous l’avons souligné dans le chapitre “2012: Compte à Rebours”, Antarès se situe à l’opposé d’Aldébaran, l’étoile qui marque l’oeil du Taureau. L’axe Antares-Aldébaran date de 3102 avant EC lorsque l’équinoxe du printemps était en conjonction avec Aldébaran. L’époque à laquelle l’équinoxe du printemps s’aligne à l’étoile opposée Antarès est exactement un demi-cycle de précession plus tôt que 3102 avant EC, à savoir 16 062 avant EC. Comme ce moment est calculé grâce à l’étoile Antarès, il peut être calculé avec une très haute précision. Il apparaît dans le tableau ci-dessus: Axe D, sud-ouest Scorpion: équinoxe du printemps à Antarès 16 062 avant EC.

16 062 avant EC est encore bien loin dans la préhistoire, bien sûr, mais une corrélation provisionnelle peut être proposée pour cette date lointaine. L’école Nyingma du Bouddhisme Tibétain fournit quelques indices quant à la structure des Ages Zodiacaux. Dans l’histoire de leur lignage, les Nyingma reconnaissent un Bouddha primordial, Shenrab Miwoche, qui introduisit un corpus d’enseignements sacrés préservés jusqu’à ce jour par les lamas et les tulkus. Selon Namkai Norbu, les archives historiques les plus vieilles de la tradition Dzogchen affirment que Shenrab Miwoche apparut dans ce cycle de monde, (c’est à dire le Kalpa courant qui finit en 2216 EC) il y a environ 18 000 années, à savoir 16 000 avant EC, en tant qu’émanation originelle et qu’il se réincarna ultérieurement dans une succession de maîtres illuminés.

L’équinoxe de printemps sur Antarès, dans le coeur du Scorpion en 16 062 avant EC, signale la première expression du Bouddha Dharma à cette époque éloignée. Afin d’élaborer une histoire alternative, nous assignons cet événement, ou cet élément narratif, à une date et nous continuons en développant le thème qu’il véhicule – le motif dominant. Traditionnellement, il est dit que l’illumination du Bouddha Siddharta, en-dessous de l’arbre bodhi, se passa durant la pleine Lune dans le Taureau, lorsque le Soleil était dans le Scorpion. Le motif Scorpionique de désir-attachement (trishna) est au coeur du message du Bouddha historique.

L’un des avatars historiques de Shenrab Miwoche vécut en 1856 avant EC et il est dit «avoir réformé et synthétisé les diverses traditions Bon existantes, en remplaçant les sacrifices animaux par le recours à des statuettes rituelles et en introduisant la forme la plus ancienne connue d’enseignement Bon, appelée Yandagbai Sembon» (Namkai Norbu, “The Crystal and the Way of Light”, page 39 illustration, impression récente à l’encre de Shenrab Miwoche).

En s’inspirant de la tradition Dzogchen pour décliner un scénario, la structure des Ages Zodiacaux commence à raconter une histoire au sujet de l’Age du Scorpion. Elle signale l’apparition d’un guru surnaturel qui supervise un message qui se développe durant tout le cycle. Le contexte Zodiacal de cet événement ajoute une nouvelle perspective à l’information remarquable que nous possédons sur les anciens maîtres du lignage Nyingma. Imaginons la continuité d’enseignements illuminés qui s’étendent de 16 000 avant EC jusqu’en 1865 avant EC et qui nous parviennent aujourd’hui. Nous pouvons retracer les variations du Dharma au fil de toute cette période en utilisant la structure du mythe Zodiacal.

1865 avant EC est l’aube de l’Age du Bélier, l’époque du patriarche historique Abraham. En contraste frappant avec Shenrab Miwoche qui, à cette période, enseignait aux hommes d’abandonner les sacrifices animaux, Abraham fut d’accord pour sacrifier son fils Isaac pour faire plaisir au dieu paternel, mais au dernier moment il lui substitua un bélier. Le bélier Biblique, avec ses cornes prises dans un buisson, est une indication mythologique évidente de l’Age du Bélier. (Dans  “2012: Compte à Rebours”, nous avons souligné l’image des cornes du bélier dans la déification d’Alexandre le Grand par les prêtres de Siwa, un autre épisode significatif de l’Age du Bélier). L’histoire du monde a adopté la narration d’Abraham en tant que script directeur mais l’histoire alternative des maîtres Nyingma oriente vers un message différent. L’histoire alternative contient les éléments d’une morale alternative. Elle présente une perspective éthique et évolutive pour l’humanité qui diffère radicalement du script reçu de la Foi Judéo-Chrétienne-Islamique.

Le synchronisme Zodiacal constitue un outil fabuleux de cadrage, d’élaboration et de participation aux grandes lignes de l’histoire alternative. C’est la tâche de ces sages indéfinissables de fin de cycle, ceux du clan de Xolotl.

 

Apprentissage sur le Long Terme

Un principe fondamental du synchronisme Zodiacal stipule qu’au fil de l’écoulement des Ages, l’humanité dégénère de plus en plus intensément. Durant chaque Age, le dharma caractéristique, ou la leçon évolutive, change pour refléter les conditions de cet Age. Les enseignements moraux et spirituels changent également afin de suivre le déclin des facultés humaines, la perte de l’instinct, l’extinction progressive du potentiel humain et la rareté croissante de l’illumination. Les Ages Zodiacaux vont à l’envers, à l’encontre de l’ordre naturel des saisons (c’est à dire des leçons phylogénétiques qu’il nous faille intégrer). Avec le “passage en avant” d’un Age Zodiacal à l’autre, quelque chose d’essentiel est perdu.

Par exemple, à la fin de l’Age de la Balance, au passage vers l’Age de la Vierge, aux alentours de 14 000 avant EC, notre espèce perdit quelque chose d’inhérent à la loi de réciprocité (Balance), un dharma fondamental de survie. Antérieurement, durant l’Age du Scorpion, les gens des sociétés shamaniques chasseresses, du dernier Age Glaciaire, savaient qu’ils étaient à égalité avec les autres animaux. Ils comprenaient que la survie dépend de l’observation du principe de symbiose et de la préservation d’un équilibre de pouvoir parmi les diverses espèces. Le dharma exposé dans cet Age reflétait l’expérience de chasseurs shamans qui assumaient leur rôle de prédateurs d’une façon équilibrée, ne prélevant pas en excès de leurs besoins. Ils contrôlaient leur désir-attachement en limitant la tuerie.

Jusqu’à cette époque, les humains ne s’étaient pas auto-proclamés les souverains de la chaîne alimentaire. Ils savaient qu’avec un peu de chance ils pouvaient être des prédateurs efficaces mais ils savaient aussi qu’ils pouvaient être la proie. Tant que la relation prédateur-proie domina, les sociétés préhistoriques tirèrent leur dharma de cette expérience mais, avec le passage des Ages, d’autres facteurs prirent le dessus. La tradition mythologique de l’Age de la Vierge pointe vers l’agriculture et la première culture de plantes alimentaires au début de cet Age, vers 13 500 avant EC. Demeter, la gardienne des Mystères d’Eleusis, qui est réputée avoir introduit l’agriculture dans l’humanité, est une forme de la Vierge. Lorsque le motif de la Vierge devint dominant, la formulation antérieure du dharma fondée sur la relation prédatrice tomba dans le déclin. La platitude éthique “tu récolteras ce que tu as semé” reflète la sphère de la Vierge, le modèle agricole de moralité. La formulation karmique de l’Age du Scorpion aurait été : “prêtes attention à ce que tu manges et à ce qui peut te manger”.

L’expérience de manger et d’être mangé remonte encore beaucoup plus loin dans l’histoire de l’espèce humaine que le fait de semer et de planter; la perte de l’harmonie symbiotique avec les autres espèces fut profondément déséquilibrante. Dans le cycle de monde actuel, notre espèce perdit le sens d’équilibre éthique, inhérent à la relation prédateur-proie, après 13 500 avant EC lors du passage de l’équinoxe de printemps de la Balance à la Vierge. C’est une façon de lire les structures d’apprentissage à long terme – ou leçons phylogénétiques – encodées dans la structure du synchronisme Zodiacal.

(Sur le sujet crucial de la symbiose prédateur-proie, voir ma recension de l’ouvrage de Linda Tucker, “Le Mystère des Lions Blancs” (sur le site de Liberterre). Inspirée par le shaman Zoulou Credo Mutwa, Tucker place la rupture de la relation interspécifique bien plus tôt dans l’évolution de notre espèce, en remontant à l’époque crépusculaire de l’Australopithèque il y a 2,5 millions d’années, mais cela ne m’indispose pas dans la mesure où les mêmes erreurs sont répétées dans chaque Kalpa).

 

Thèmes et Motifs Mythiques

Dhyani Ywahoo (“Voices of our Ancestors”, Shambala, 1987) est une porte-parole de la tribu des Etowah de la Nation des Tsagali, un groupe culturel-racial connu communément sous le nom de Cherokee. La tradition sacrée des Tsagali contient une autre indication de l’Age Zodiacal du Bélier et elle oriente vers le passage dans le Verseau.

Selon la tradition Tsagali, un lignage spécifique fut créé en 873 avant EC par le “Visage Pâle”, un personnage semblable à Virococha qui reformula les enseignements sacrés, c’est à dire notre dharma spécifique de l’espèce, pour cette époque et l’époque suivante. (L’instructeur mâle qui prodigue des enseignements sacrés est caractéristique de l’Age du Bélier et il ne doit pas être confondu avec les personnages messianiques qui caractérisent l’Age suivant des Poissons.) Depuis son époque, vingt-sept Ywahoos, à savoir des instructeurs ou instructrices sacrées ont préservé ce message, transmis à Dhyani Ywahoo par son grand-père Bear Fishing et sa grand-mère, Rain Cloud. Ces enseignements indiquent que «un nouveau cycle de treize cieux commença le 30 août 1987, treize jours après la fin du Cinquième Monde» (“Voices of our Ancestors”, page 7). Dans ce cas, le message de Dhyani Ywahoo corrobore les spéculations de fin de cycle développées par Jose Arguelles qui proposa qu’août 1987 était la transition dans le calendrier Maya-Aztèque (la “Convergence Harmonique”). “Voices of our Ancestors” apparut la même année.

Dhyani Ywahoo dit que «les Tsagali englobent une période de temps de 100 000 années durant laquelle il y eut quatre grands bouleversements des formes de vie de la Terre». Dans sa vision du Kalpa précessionnel intégral, elle donne des figures uniques: «chaque cycle complet, ou monde, égale 1144 années et 25 mondes – 28 600 années – constituent une ère. Nous vivons dans le Cinquième Monde et nous entrons dans le Sixième Monde, le début d’une nouvelle ère». Elle développe ce modèle, arrondissant à quatre Kalpas entiers, ou cycles précessionnels intégraux, pour déterminer le dharma millénaire de son peuple.

Le dharma, la loi cosmique, l’harmonie évolutive, le sens des limites, la moralité interspécifique – le Zodiaque en précession représente la continuité, à long terme, des leçons profondes de survie et des révélations spirituelles qui guident notre espèce. De façon étrange, notre enracinement éthique demeure dans les étoiles, dans la perspective cosmique. «Parmi les Tsagali, lorsque les enfants se disputaient pour un objet, il leur était enlevé et les enfants étaient encouragés à observer les cieux». De retracer les Ages Zodiacaux nous enseigne comment l’imagination opère en termes narratifs sur de longues périodes de temps impliquant des facteurs ou “mythèmes” (un terme créé par Mircea Eliade) que nous pouvons nous représenter dans les constellations étoilées.

Aujourd’hui, la grande masse de l’humanité est engagée dans la réalisation du mythème Piscéen mais quelques individus pressentent déjà le mythème Aquarien. Chaque mythème est une constellation de composants psychiques, un “complexe teinté de sentiment” tel que Jung le définit en 1906 lors de ses expérimentations avec des associations de mots. Les constellations étoilées nocturnes sont des registres des constellations psychiques qui inspirent le comportement de l’espèce humaine. Cette inspiration n’est pas due à une influence de cause et d’effet ou de “déterminisme astral”, pour employer un terme archaïque. Il existe, cependant, une sorte de déterminisme acausal à l’oeuvre: les constellations étoilées n’entraînent pas un comportement humain mais, d’une manière mystérieuse, ils sont un reflet de la façon dont les constellations intérieures le font. “Il en est de l’intérieur comme de l’extérieur”. Les images étoilées tout là-haut montrent comment les mythèmes Zodiacaux sont à l’oeuvre dans la psyché collective, âge après âge.

Les structures psychiques directrices déployées dans les constellations grandioses du ciel peuvent être appelées des motifs phylogénétiques. Ces motifs représentent l’idée maîtresse dynamique d’un Age, son inspiration évolutive ou psychospirituelle, tandis que les mythèmes d’un Age indiquent ses éléments narratifs, les épisodes, les personnages et les événements les plus importants. Le motif phylogénétique des Poissons est la guidance intérieure, comparable à l’instinct de navigation chez les animaux. Le mythème fondamental de l’Age des Poissons est l’histoire d’un messie ou d’un émissaire divinement inspiré qui vient avec un message concernant l’humanité – ou, pour être plus précis, qui amène à l’humanité un message à propos de sa nature réelle intrinsèque, l’image spécifique à son espèce, appelée l’Anthropos dans les écrits Gnostiques. Des foules innombrables ont adopté Jésus/Christ comme le suprême messager de Dieu, et exemple pour l’humanité, mais ce n’est pas l’histoire qui va guider l’espèce humaine au travers de la fin de cycle et vers le prochain Kalpa. Une des épreuves les plus dures de l’Age des Poissons est de rectifier l’histoire messianique, de réaliser l’image authentique de l’Anthropos et de ne pas se faire prendre dans les filets des narrations erronées et perverses de guidance.

Il est clair que le motif de la guidance intérieure et le mythème de la révélation messianique sont intimement corrélés. Durant la phase terminale, longue et anormalement étendue, de l’Age des Poissons, l’espèce humaine dans son ensemble perd sa voie de par le fait que la faculté inhérente d’inspiration intérieure dégénère encore plus intensément. La perte de direction en termes évolutifs et spirituels s’empire lorsque les gens s’identifient, de manière fanatique et complaisante, avec les versions chimériques de l’histoire des messies, y compris l’histoire du retour de Quetzalcóatl qui prévaut au coeur du scénario de 2012. Tant que l’on ne pourra pas maîtriser et dépasser le scénario messianique, le travail non achevé de l’espèce humaine va se prolonger de façon dramatique.

La transition du Kalpa en 2216 se déroule dans une vague de confusion et de chaos, un tsunami de malaise collectif et de désorientation spirituelle qui s’accroît alors que j’écris ces mots. Ce n’est pas la sorte de prédiction rayonnante  et d’hyperbole inspirante que l’on a l’habitude d’entendre au sujet de la fin du cycle Maya. C’est, cependant, le type de profil symptomatique que vous obtenez à partir d’une analyse minutieuse des Ages Zodiacaux.

 

Entre le Corail et la Glace

Le motif phylogénétique du Verseau est la relation interspécifique, ou symbiotropisme, l’instinct de chaque être vivant de s’orienter vers ce qui le complémente et ce qui favorise sa vie, vers ce qui améliore ses chances de survie tout autant que sa capacité de PROSPÉRER. Le symbiotropisme, ou l’empathie vitale comme nous pourrions l’appeler, véhicule des sentiments distincts de joie, de libération et d’émerveillement et engendre des formes particulières d’intuition évolutive, de connaissance de survie. (Dans la théorie de l’animisme proposée par Tylor, et élaborée par Frazer, il est appelé péjorativement “magie sympathique”). La reconnaissance des pouvoirs de guérison des plantes, ou l’identification à notre animal de pouvoir, sont des actes d’empathie vitale. Le symbiotropisme est la faculté holistique et inspiratrice de complémentation. Un vaste spectre de transactions Nature-humanité entrent dans cette catégorie d’empathie vitale. De ressentir ces transactions, et d’y pénétrer, Zodiacalement parlant, est le premier signe de sensibilité aux vagues Aquariennes, les vibrations de navigation du futur.

Chez les humains, le symbiotropisme est complexifié, et peut même être contrarié, par nos facultés spécifiques pour le langage, le symbolisme, la création de cartes et l’invention, dont la fabrication de jouets et d’outils et toutes sortes de constructions technologiques et prosthétiques. De telles facultés nous poussent à trouver la complémentation dans ce que nous créons nous-mêmes plutôt que dans ce que la Nature nous offre. La plupart des gens sur la planète aujourd’hui ne pourraient pas vivre en contact direct avec la Nature, en-dehors de la sphère culturelle créée par l’homme, et ne pourraient pas même supporter l’idée de vivre ainsi. Dans le monde d’aujourd’hui, la plupart des gens cherchent la complémentation dans ce que la société peut leur fournir, en biens et en services, dans la musique qu’ils aiment, dans les divertissements qu’ils regardent, et dans le fait d’acheter, d’acquérir des possessions qui complémentent leur style de vie et leur identité personnelle.

Mais bien avant que l’équinoxe de printemps n’entre dans le Verseau, certaines personnes vont ressentir de nouveau la faculté originelle et animiste de complémentation et la revendiquer. Si cela n’arrivait pas, notre espèce ne pourrait pas entreprendre la transition vers le prochain Kalpa. La transition ne sera pas effectuée collectivement mais sélectivement, par l’intermédiaire des tribus d’avant-garde qui sont sensibles à la vibration du “futur primitif”, la tête de proue subliminale des vagues Aquariennes.

Le symbiotropisme va émerger dans la vie de certaines personnes de notre époque qui sont tournées vers le futur et cette émergence sera d’autant plus manifeste et prononcée que l’on se rapprochera du moment vortex de la fin de cycle Maya, 2012. Il sera alors impératif de résoudre le travail inachevé de l’Age des Poissons en maîtrisant la problématique centrale: à savoir, la manière dont le complexe messianique a phagocyté notre réalisation de l’image potentielle de l’humanité, l’Anthropos. Dans mon ouvrage “La Passion de la Terre”, j’ai tenté d’offrir une forte médication corrective afin de résoudre ce problème.

Dans “Mesotes, Matrice des Animaux de Pouvoir”, j’ai identifié “l’Intermédiaire” des voyants Gnostiques avec le Manitou des Amérindiens. Cela pourrait sembler, pour certains d’entre vous, un exercice stérile d’érudition en religion comparée, mais je voudrais insister sur le fait que c’est l’une des indications les plus fertiles dans tout ce que j’ai écrit dans mon oeuvre. Cela peut s’avérer également extrêmement crucial pour la survie. L’identification du Christos intérieur avec le Manitou est l’un des éléments-clés dans le mythème Aquarien, l’histoire de la relation interspécifique et la redécouverte future des pouvoirs magiques de la Nature.

Les tribus Algonquines de l’Amérique du nord, et divers autres peuples des Amériques du centre et du sud, virent dans le Manitou un guide de la Nature sauvage qui confère le don de l’eau – un personnage Aquarien. Le secret de la vie demeure en l’eau. Le Manitou confère également la connaissance des plantes, l’expertise des herbes médicinales, des champignons et des plantes psychoactifs. Les plantes médicinales croissent près des sources magiques. Les champignons fructifient dans le temps brumeux et sont saturés d’eau. Dans le futur, seuls ceux qui savent où trouver de l’eau potable vont survivre. Les thèmes mythologiques d’Aquarius, du Verseau, résonnent intensément avec les motifs aqueux associés au personnage du Mesotes-Manitou.

Toutes les transformations planétaires potentiellement catastrophiques que nous confrontons aujourd’hui se manifestent dans l’eau ou en relation avec l’eau. Le “point de non-retour”, la goutte qui fait déborder le vase, des catastrophes globales est déterminé par le comportement de l’eau. La fonte de la calotte glaciaire arctique déverse des énormes quantités d’eau douce dans l’Atlantique Nord provoquant la diminution ou l’arrêt des courants chauds du Gulf Stream, le “transporteur Atlantique”. De grandes quantités d’eau douce poussent les eaux chaudes et salées vers le fond et font obstacle à la circulation du Gulf Stream. Aujourd’hui, le transporteur a des soubresauts. Certains scientifiques prédisent son arrêt total avant 50 ans et certains même avant 15 ans. La calotte glaciaire du Groenland fond à une vitesse alarmante. La fonte atteint un niveau de “rétroaction positive”, le niveau de modifications où plus de fonte génère un accroissement de la vitesse de fonte.

Dans les mers tropicales, les récifs de corail sont en train de mourir en raison de l’accroissement de la température de l’eau. Ces récifs sont la clé de l’écologie océanique, incluant la production de plancton et d’autres formes de vie microscopique. Le corail et la glace se situent en réciprocité, unis par la loi cosmique. Depuis le tout début du Kalpa, lorsque notre espèce vivait dans l’Age du Verseau, nous avons commencé à oublier cette loi, de nous éloigner de la réciprocité. La catastrophe naturelle est la conséquence à long terme de l’oubli par l’homme de la moralité intrinsèque de Gaïa.

La pré-aube courante de l’Age du Verseau se manifeste au sein de l’Age des Poissons avec certaines personnes qui retournent vers le symbiotropisme. Dans certains cas, les individus vont répondre à des visions et à des visites impliquant l’esprit de la Nature sauvage, le Manitou. A l’image de la Femme Bison Blanc, le “Visage Pâle” de Dhyani Ywahoo est une manifestation de l’esprit Aquarien, l’intermédiaire entre l’humanité et la Nature. “Voices of the Ancestors” véhicule un trésor d’instruction sacrée et de connaissances de survie pour la fin de cycle. Tout comme d’autres traditions Amérindiennes, la tradition Cherokee nous invite à entrer sur le Chemin de la Beauté, afin de cheminer en beauté avec le monde naturel. C’est une vision esthétique de la vie, assurément, mais c’est également un chemin de survie. J’ai affirmé que les priorités de Gaïa sont esthétiques.

Bien que Dhyani Ywahoo n’évoque pas spécifiquement l’Age du Verseau, elle aborde un motif essentiel de l’Age:

«En Tsalagi, l’eau est “ama”, la conscience, comme mana, et lorsque nous nous éveillons aux propriétés purificatrices de l’eau, nous pouvons alors dissoudre les obstacles à une relation harmonieuse avec le soi, les autres et la Terre. La première étape est de pacifier ces pensées et ces sentiments qui peuvent obscurcir notre sens de la relation ou notre faculté de voir clairement et d’agir consciemment. La pacification des émotions de confusion est réalisée grâce au pardon de soi-même et des autres pour ce qui aurait pu être ou aurait du être et grâce à la possibilité que la charge des émotions non exprimées puisse être emmenée par le mental-eau du pardon».

Nous avons ici une femme shamane qui corrige le karma du pardon en donnant une expression, inspirée de la tradition Amérindienne, à une notion contaminée par des siècles d’hypocrisie Judéo-Chrétienne. Le “mental-eau du pardon” n’a rien à voir avec le pardon divin du Christ, du Père Saint ou de la Vierge Marie. Ce n’est pas une façon astucieuse de détourner la vengeance du dieu paternel. En tant qu’héritière de la tradition très antique de sagesse Indigène, Dhyani Ywahoo redonne au concept de pardon son expression humaine authentique. Elle présente une forme thérapeutique, plutôt qu’une formule moraliste de récompense et de punition, et elle connecte intimement la faculté de pardon à l’eau.

Soulignons que ce principe de pardon ne conseille pas de pardonner ce qui a réellement été accompli mais «ce qui aurait pu être ou aurait du être». La syntaxe est rigoureuse et précise.

La révision du dharma est la tâche des instructeurs qui apparaissent au travers des Ages, une tâche qui rappelle la “correction” de Sophia proposée dans les enseignements Gnostiques. L’affirmation élégante, de la femme Cherokee, concernant le pardon illustre le type d’enseignement humaniste qui peut nous aider à passer au travers de la peste émotionnelle de l’Age des Poissons et, au-delà, vers un futur soutenable et harmonieux.

Presque tous les systèmes d’âges du monde décrivent le déclin et la dégénérescence des instincts humains, par rapport à leur apogée originelle, plutôt qu’une amélioration progressive comme nous l’avons déjà souligné. L’évolution de la conscience en une spirale ascendante des “microbes à l’homme” est un fantasme post-darwinien, un symptôme du narcissisme pathologique de l’Age des Poissons. A notre différence, les microbes ne perdent jamais leur instinct symbiotropique. C’est pourquoi ils étaient là bien avant que nous assumions notre forme présente et ils seront encore là, bien après que nous ayons quitté notre forme présente. Il en est de même pour l’intelligence microactive des plantes et des champignons sacrés. Dans la tradition de Maria Sabina et d’autres instructeurs shamaniques, ces plantes et ces champignons alliés sont des manitous en miniature, des nanos-guides qui voyagent dans notre organisme en utilisant les voies subtiles de l’eau, les ondes Aquariennes. Le gardien mystique, qui dispense l’eau, dissémine aussi ces enseignements et ces pouvoirs de guérison et il nous connecte à la sagesses des étoiles.

Il serait peut-être plus approprié d’appeler le personnage Aquarien par le nom du Manitou, le sorcier de la Nature sauvage, le guide des animaux de pouvoir et de la magie symbiotropique, plutôt que par le terme peu élégant de Verseau.