La Fin de l’Humanité

Instructions de Navigation N° 11

Bienvenue à l’équipage de l’Expérimentation de Navigation Gaïenne, aux amis, aux étudiants et aux alliés, éparpillés au travers du temps et de l’espace et tout un chacune qui souhaite ou ose écouter. Ici, votre Navigateur John Lash enregistrant, le 6 juin 2012, les Instructions de Navigation n°11: La Fin de l’Humanité.

Je souhaite revenir sur certaines remarques que j’ai faites au sujet de la haine, lors d’une causerie précédente. Il m’est venu à l’esprit que ces remarques avaient pu paraître un peu osées et j’aimerais donc réitérer mon point de vue quant à cette problématique, très chargée, de la haine. Tout d’abord, je tiens à vous assurer que la haine, sous la forme habituellement exprimée par les animaux humains, est laide et méchante. Je ne donne certainement pas dans la méchanceté et la laideur. En ce qui concerne mon expérience et ma définition de la haine, je n’abonde, absolument pas, dans ces registres humains.

Lorsque j’utilise le mot haine, cela équivaut, peut-être, à une fureur froide et claire, une rage, une rage sobre. Il ne s’agit donc pas d’une haine débridée mais c’est, certainement, une haine dirigée à l’encontre de certains objets ou de certains sujets, de certaines problématiques, comme la tyrannie, les mensonges, la manipulation, la tromperie, le secret – et, donc, à l’encontre des gens qui manifestent ces comportements. Si je devais être délicat, je dirais que je déteste résolument les comportements afférents aux mensonges et au culte du secret. Je ressens une rage furieuse et froide vis à vis de ce genre de comportements et ce serait une manière sympathique de l’évoquer. Mais, sur un mode plus impitoyable, sur un mode plus Kaliesque, je dirais simplement que je hais, aussi, certainement, les gens qui sont l’incarnation même de ces comportements de mensonges et de dissimulation. Ce n’est rien de personnel, ce n’est pas comme si je les haïssais personnellement; mais je les hais avec la haine d’un animal humain envers un autre animal humain pour avoir pratiqué ce type de comportement.

J’aurai donc un peu plus à dire, à ce sujet, au fil de cette causerie et j’y ajouterai quelques commentaires et clarifications concernant ma remarque affirmant que l’humanité est en phase terminale; c’est pourquoi j’ai intitulé ces Instructions de Navigation,  La Fin de l’Humanité.

J’aimerais consacrer la plus grande partie de cette causerie à des corrections et à des directions se rapportant à des Instructions de Navigation récentes. Puis, j’aimerais établir l’orientation de nos discussions, et de nos explorations, dans le processus en cours de Correction – alors que nous en arrivons au mi-parcours, en août 2012. 

Vers le 27 mai, nous sommes entrés dans la sixième seconde du compte à rebours – considéré en termes Eoniques. Donc, jusque-là, le compte à rebours était 10, 9, 8, 7. Actuellement, la Correction en est à la sixième seconde de la chronologie propre à Sophia et, bien sûr, lorsque nous arriverons à la cinquième seconde en août, nous serons à mi-parcours.

Pour ce qui est des corrections concernant les Instructions de Navigation dans lesquelles je mentionne l’Apocryphe de Jean, j’ai dit qu’il existait trois versions de ce texte cosmologique dans la collection de Nag Hammadi, ce qui est vrai. La quatrième version parallèle provient, en fait, d’un autre document appelé le Codex de Berlin – un traité Gnostique qui a été découvert, en 1896, à Akhmim en Egypte. Il existe, de plus, quelques parallèles, dans les écrits d’Irénée, qui font référence à des passages de l’Apocryphe de Jean. Dans cette causerie, également, j’ai dit, à un moment donné, que je régressais alors que je voulais évoquer une digression.

En ce qui concerne le quatrième Concile du Latran de 1215, si l’un d’entre vous veut approfondir ce sujet particulier, je lui suggère de se pencher sur la Mythologie Créative de Joseph Campbell: c’est l’un des quatre volumes de sa séquence Les Masques de Dieu. Il disserte, longuement, au sujet du dogme de la transsubstantiation, et du quatrième Concile du Latran, en relation avec l’histoire de Perceval – en particulier l’histoire du Parsifal de Wolfram von Eschenbach. Son chef d’oeuvre a été écrit durant cette période précise de l’Histoire Européenne. Campbell est assez explicite lorsqu’il se réfère à la magie satanique, appelée aussi magie noire, comme étant l’élément qui est entré en jeu à ce moment de l’Histoire – et d’une manière tout à fait remarquable. Il associe la figure papale principale de l’époque au personnage du magicien maléfique, Klingsor, dans la légende de Perceval.

Ensuite, il m’est nécessaire d’apporter quelques corrections ou clarifications concernant les Instructions de Navigation n°8, Franchir le Cap de la Peur. J’ai, également, vraiment besoin de clarifier, autant que possible, l’un de ses élément confus.

Vous, de l’Expérimentation de Navigation Gaïenne, trouverez, observerez – dans les causeries actuelles que j’ai reprises après un laps de temps d’environ six semaines – que je fais référence au Kala Tantra et à certaines pratiques des Kalikas. Cela peut sembler aller à l’encontre des lignes directrices que j’ai établies, il y a quelque temps. Rappelez-vous que j’ai établi un pare-feu entre la matière pertinente à l’Expérimentation de Navigation Gaïenne, en particulier, et la matière, les pensées, les enseignements et les pratiques spécifiques à la magie du Kala Tantra et à la magie Kalika. J’ai soulevé un point important à propos de ce pare-feu; il est clair que certains d’entre vous, dans l’Expérimentation de Navigation Gaïenne, n’ont pas signé pour le Kala Tantra et, donc, je ne devrais pas propager ou enseigner le Kala Tantra dans ce contexte et je ne le ferai pas. Je vous garantis que je ne divulguerai pas les pratiques et les techniques concernant le Kala Tantra dans ces Instructions de Navigation ou dans les notes de l’équipage, mais je parlerai, à l’occasion, au sujet du Kala Tantra. Et je dois le faire parce que, selon ma propre expérience, il est plutôt difficile de séparer ces choses.

Enseigner l’Expérimentation de Navigation Gaïenne est le rôle du Navigateur et transmettre le Kala Tantra est le rôle du Nagual et, puisque j’incarne ces deux rôles en ce moment, j’ai tendance à les confondre parfois. Nonobstant, il existe certains aspects de la magie Kala Tantra et Kalika qui n’ont pas, évidemment, leur place dans l’Expérimentation de Navigation Gaïenne – jusqu’à présent, néanmoins, jusqu’à présent… et je me devais d’ajouter cet avertissement.

Ce qui m’est apparu clairement, au cours de ces six dernières semaines – alors que je recevais une abondance d’instructions Kalika – c’est qu’il se profile un futur changement. Un tournant s’annonce, pour très bientôt, dans cette Expérimentation. Ce dont j’ai pris conscience, c’est que ce tournant se situe probablement autour du point médian de la Correction. Ainsi, le processus même de Correction impliquerait ses participants d’une manière différente, dans sa deuxième moitié. Dans la première moitié de la Correction, qui est sur le point de s’achever, nous sommes témoins du Nagual de la Déesse de la Sagesse et nous sommes observateurs et témoins – ceux qui font partie de l’équipage. Quand je dis nous, je veux dire ceux qui font partie de l’équipage, pas l’humanité en général. Dans la deuxième moitié de la Correction, il se manifeste un passage du témoignage et de l’observation à l’action et à la participation. Il me semble donc, maintenant, que la magie Kalika constitue une forme extrêmement pertinente, et puissante, de participation à la Correction de la Déesse de la Sagesse. Il peut donc s’avérer, de plus en plus difficile, pour moi de différentier la magie Kalika de l’Expérimentation de Navigation Gaïenne en tant que telle; je requiers, donc, votre patience et votre compréhension à cet égard.

Toujours en référence aux Instructions de Navigation n°8, Franchir le Cap de la Peur, j’ai dit que j’allais télécharger une autre causerie sur l’Hétaïre, intitulée le Regard de l’Hétaïre, mais je n’ai pas aimé la résonance particulière de cette causerie et je l’ai, donc, retirée. Certains d’entre vous sont, peut-être, passés la télécharger le jour même. Je n’ai plus rien à dire pour l’instant sur l’Hétaïre.

Je voudrais, également, souligner, ou juste  rappeler, que nous utilisons le concept du processus de démasquage pour faire référence au positionnement de l’apogée lunaire devant la tête satanique du Monstre Cetus. L’un des points focaux de l’Expérimentation, depuis plusieurs mois, a été le démasquage du mal et la position statique de l’apogée,  devant le masque du Monstre Cetus, représente la dernière phase de ce processus. L’apogée vient juste de sortir de sa station, au moment où je parle; je ne sais pas comment vous autres le ressentez, mais je ressens un énorme sentiment de soulagement et, pour la première fois, je ressens vraiment que beaucoup de sentiments d’oppression et de désespoir – qui, à l’occasion, peuvent pénétrer dans la vie de mon âme – sont en train d’être dissipés.

Je résumerai en disant qu’avec le déplacement de l’apogée lunaire loin de la face du Monstre Cetus, avec la sortie progressive de sa station qui va s’accentuer au cours du mois de juillet 2012, l’envoûtement de peur contaminant cette planète devrait commencer à se dissoudre ; cela ne concerne pas l’intégralité de la population humaine mais  ceux qui ne veulent vraiment plus vivre dans la peur, ceux qui ont réellement décidé qu’il est tout à fait inacceptable de cautionner l’amplitude démente d’alarmisme qui est générée sur cette planète, 24 heures sur 24, à chaque minute de chaque jour. Et ce, non seulement au travers des médias grand public à la botte du gouvernement et de bien d’autres, émanant de la sphère de commandement et de contrôle des perpétrateurs, mais aussi au travers des médias alternatifs et de l’Internet.

Ces mêmes personnes, qui prétendent exposer et opposer ce que font les Autorités, colportent une énorme quantité d’alarmisme. Je ne sais pas ce que vous ressentez mais je suis vraiment las et écoeuré de vivre dans ce miasme de peur constante et d’être submergé par la confusion et par l’incertitude générées par cette peur. On pourrait donc dire que l’une des preuves que l’Expérimentation fonctionne et réussit – et je vais parler davantage, et tout de suite, du succès de cette Expérimentation – c’est votre sentiment croissant d’être immunisé à l’encontre de l’envoûtement généré par cette peur. Même si elle est toujours présentement disséminée dans le monde qui vous entoure, dans le monde social, il se peut qu’elle ne vous contamine plus de la même façon qu’auparavant. Ce serait, alors, la preuve indubitable d’un développement positif et réussi de la Correction.

Uu élément que j’ai mentionné dans les Instructions de Navigation n°8 concerne le personnage joué par Robert De Niro dans le film de Scorsese, de 1991, Les Nerfs à Vif, qui est un remake d’un film antérieur avec Robert Mitchum – celui de J. Lee Thompson, en 1962.  DeNiro, le psychopathe, n’est pas différent des autres psychopathes globalistes, les metteurs en scène du cauchemar sur cette planète. Mais, ce n’est pas vrai, en fait, car un psychopathe comme DeNiro est individu qui affronte ses victimes et qui interagit avec elles. Par contre, la marque des prédateurs mondialistes, au niveau du commandement et du contrôle, c’est qu’ils ne le font strictement jamais. Le seul cas dans lequel un perpétrateur mondialiste – tel que le président des États-Unis, ou le directeur d’une multinationale criminelle ou d’un cartel bancaire,  de la mafia bancaire –  le seul cas dans lequel quelqu’un de ce niveau serait confronté à une victime, c’est lorsque cette victime leur est amenée droguée et sans défense. Et c’est ainsi que cela se produit, apparemment, si vous en croyez  les allégations largement répandues sur Internet selon lesquelles les perpétrateurs psychopathes, au niveau des Autorités de commandement et du contrôle, sont des agresseurs satanistes d’enfants et d’autres choses de ce genre… Vous pouvez être presque sûrs que ces personnes exercent leur pouvoir à distance, par procuration. Elles mettent en scène des guerres et des conflits mondiaux dont les victimes ne sont pas autorisées à entrer en contact avec elles – sauf peut-être dans ces rares cas où la victime peut leur être livrée pour leurs plaisirs sadiques. Je respecte donc le personnage de Robert DeNiro dans Les Nerfs à Vif plus que je respecte, disons, quelqu’un comme Henry Kissinger si tant est qu’il s’agisse de respecter des psychopathes! Parce qu’au moins, le personnage de DeNiro fait face à ses victimes – directement.

Une autre correction, ou complément d’information, concernant les Instructions de Navigation n°8, est au sujet de la menace ultime à l’encontre de cette Expérimentation Divine sur la planète Terre. Vous pourriez être surpris et, d’une certaine façon, dépité ou même déçu par mes conclusions à ce sujet. Un certain nombre d’entre vous m’ont écrit à l’adresse du Navigateur pour me donner leur point de vue sur ce qu’est la menace ultime. Tous ces points de vue possèdent une valeur intrinsèque. La menace ultime à l’encontre de l’Expérimentation Divine sur la planète Terre peut être perçue de diverses manières.

Donc, sous certains égards, c’est l’idéologie de la race maîtresse propre au Sionisme. Cette idéologie, comme vous le savez, prend ses racines dans la religion Abrahamique qui remonte à environ 2000 avant EC. De plus, sous les tapis de la religion Abrahamique, se tapit la racine encore plus profonde du Complexe Melchisédech. Ce Complexe Melchisédech, qui remonte à la période Biblique, s’est métamorphosé, à notre époque, en Transhumanisme.

Le Transhumanisme incarne, aujourd’hui, de manière vivante et même bien vivante, l’idéologie Zaddikite – à savoir, l’idéologie des Tzadiks, des parfaits, des justes, des suprêmes. C’est une psychose dont souffrent beaucoup de prédateurs globalistes. Même ceux qui n’en souffrent pas, ceux qui ne croient pas au programme des Zaddikites/Transhumanistes, avec eux-mêmes au pinacle, utilisent ce programme et ce système de croyances pour contrôler et manipuler les autres. Ainsi, l’idéologie du Transhumanisme – qui est l’idéologie de la race maîtresse dans laquelle sont, malheureusement, tous impliqués ceux qui se disent Juifs –  pourrait bien être considérée comme la menace ultime. Mais je pourrais, tout aussi bien, citer quelques autres problématiques.

Pourquoi, alors, ai-je choisi d’affirmer, explicitement, que la menace ultime, à l’encontre de cette Expérimentation, soit la fusion entre la Périnoïa – à savoir, la capacité humaine de faire semblant, de prétendre – avec une souche humaine biophobe? Parce que cette caractérisation émane directement des paramètres de l’expérience – tels que nous les comprenons selon les propres termes de Sophia. Permettez-moi, maintenant, d’expliquer précisément ce que j’entends par là.

L’un des merveilleux et fantastiques avantages de l’Histoire de Vision Sophianique, c’est qu’elle décrit le calibrage du génome humain. Les détails du calibrage de l’Anthropos, en sept parties, appartiennent au Scénario de la Déesse Déchue 2.0 – à l’élaboration et à l’extrapolation du Scénario de la Déesse Déchue dans sa version initiale 1.0. Cette version initiale du Scénario de la Déesse Déchue n’est qu’une restauration, c’est un exploit érudit de régénération fondé sur une matière existante et connue. Comme vous le savez, elle ne contient qu’un seul élément particulier, une innovation du Terton, pourrait-on dire.

C’est un ajout particulier du Terton qui n’est pas contenu dans la matière textuelle reçue. Cela étant, la matrice de Anthropos, lorsqu’elle fut projetée à partir du coeur Pléromique, a été déposée dans la Nébuleuse d’Orion. Cela constitue un détail astronomique qui ne se trouve pas dans la matière reçue. Mais, dans l’ensemble, près de 95%, pourrait-on dire, du Scénario de la Déesse Déchue 1.0, que l’on trouve sur Metahistory.org et dans La Passion de la Terre, est une restauration fidèle, minutieuse et méticuleuse de ce qui survit d’une matière très fragmentée de l’Histoire de Vision Sophianique. Quant au Scénario de la Déesse Déchue 2.0, c’est une extrapolation et l’un des éléments de l’extrapolation se trouve dans les épisodes 2, 3 et 4.  Cet élément concerne la façon dont le génome humain, l’Anthropos, a été calibré par Sophia et Thelete. Selon cette matière ajoutée, cette expansion de la narration sacrée, la capacité de Périnoïa fut l’un des facteurs du calibrage et nous, en tant qu’espèce – à savoir les animaux humains, en tant qu’espèce – nous en avons reçu une très forte dose. La Périnoïa constitue, je le répète, la capacité humaine de masquer, de faire semblant et de prétendre.

Et ce qui est fantastique, c’est que cette faculté s’est amplement manifestée au travers des cultures primaires des Peuples Indigènes: nous l’y voyons démontrée dans les masques, les danses, les jeux et le théâtre. Et nous l’y voyons déployée dans les cultures secondaires, à savoir les activités culturelles de l’animal humain qui s’expriment au travers d’individus doués – plutôt que par le biais d’un instrument tribal ou communautaire. Ainsi, les grandes œuvres d’art, les grandes œuvres de littérature comme Moby Dick de Melville, les grands films comme ceux de Federico Fellini ou d’autres grands chefs-d’œuvre de l’art, de la littérature et de la poésie, sont des expressions de la Périnoïa humaine.

Cependant, lorsque cette faculté de faire semblant, et de faire croire, se combine avec la peur, alors nous sommes confrontés à la menace ultime vis à vis de cette Expérimentation – appréhendée selon les termes même de cette Expérimentation, à savoir appréhendée selon ses conditions initiales, pourrait-on dire, puisque ces conditions ont été établies par les Eons Sophia et Thelete. Je tiens, simplement, à le souligner. 

Je souhaite, également, corriger une chose que j’ai dite dans cette causerie, quant au fait qu’il soit aisé de cesser de faire semblant. J’ai évoqué mon expérience avec une femme qui faisait semblant de m’aimer et qui, soudainement, a entendu «Coupez!» dans sa tête et a, alors, cessé de faire semblant. Il me faut nuancer ce propos, quelque peu, et j’estime que cette réserve peut être extrêmement fertile si l’on contemple, impitoyablement, le comportement humain – qui doit inclure l’observation impitoyable de votre propre comportement. Rappelez-vous que, dans ce cas, l’une des premières consignes d’attention, de notre chère Mère Kali, est d’être impitoyable dans l’amour de soi. Donc, même s’il est vous est conseillé d’être impitoyable avec vous-même – afin d’arriver à la vérité de votre propre expérience et, ainsi, d’être plus fidèle à vous-même – ne laissez jamais cette dureté vous blesser. Bien plutôt, pratiquez-la comme un acte d’amour de soi. C’est quelque chose que j’ai appris à la dure, mais maintenant c’est plus facile.

Et je vois d’autres personnes l’apprendre aussi. Kundrie l’apprend, en ce moment même, et, je dois dire, à un haut niveau d’accomplissement. La remarque, donc, que j’ai faite, lors de ma causerie précédente, concernait le fait qu’il soit aisé de cesser de faire semblant. Je pensais, bien sûr, à la façon dont la voix dans la tête crie «Coupez!» mettant, ainsi, fin à la prétention. Mais pour être plus exhaustif, il n’est pas aisé,  pour beaucoup de gens, de cesser de faire semblant. Pourquoi cela? Parce que ce qui les maintient dans la prétention, ce qui les englue dans la prétention, peut être décrit en un seul mot: drame.

Lorsque vous observez les situations de la vie autour de vous, vous percevez que les gens font semblant parce qu’ils fonctionnent par défaut – quant aux intentions dont ils sont dépourvus. C’est, d’ailleurs, un enseignement Kalika: à moins que vous ne connaissiez votre véritable désir, vous allez sombrer, par défaut, dans la prétention. Donc, lorsque vous observez cette prétention, dans votre entourage, vous percevez que les jeux de la prétention sont flagrants et universels: au coeur de la vie familiale et au sein de toutes les strates sociales – jusqu’au niveau global et planétaire. Et vous percevez, alors, que ces comportements de prétentions sont attisés par de gigantesques  drames.

Le drame crée de la dépendance. Le drame constitue une sorte de drogue et il ajoute un autre élément de danger à la menace ultime que je souhaite déconstruire ici – la menace ultime que nous, dans l’Expérimentation, oeuvrons à déconstruire pour nous en libérer. La bonne nouvelle, c’est que lorsque vous en terminez avec le cycle des prétentions, votre vie en devient exempte de drames – totalement. Et c’est une expérience étonnante de vivre sans drame. Cela ne veut pas dire que vous n’ayez pas d’intensité et de beauté ou que vous n’ayez pas d’expériences émotionnelles riches et vibrantes et des moments de vibrante vitalité dans votre vie émotionnelle – mais vous vivez hors drames.

Il est absolument remarquable d’accéder à cet état d’être. Cela n’est possible que si vous sortez des multiples pièges et enchevêtrements des prétentions, des accroires et des faux-semblants afin de pénétrer dans l’atmosphère sobre et pure de l’honnêteté par rapport à vous-même. Et, dans cet atmosphère, il n’existe pas de drames. Les drames sont vraiment ennuyeux. Les drames ne sont pas inéluctables. Les drames sont inutiles. Et je peux affirmer, avec beaucoup de certitude, que l’une des marques de la vie d’un être humain vivant au coeur de la Correction, c’est qu’il possède un grand enthousiasme et une sensibilité vive d’expériences, à chaque instant, mais totalement dénuées de drames. Les drames sont ennuyeux et sans aucun attrait. Vous acquérez, en fait, une sorte d’immunité au drame.

Donc, lorsque je dis qu’il est facile de cesser de faire semblant, c’est inexact pour la grande majorité des animaux humains, déambulant sur cette planète, dans la mesure où ils sont attachés aux drames en lesquels ils sont empêtrés – principalement des drames sexuels, des drames relationnels, des drames d’intimité, des drames de consanguinité, des drames de relations de sang, des drames de relations sociales, des drames de relations nationales,  culturelles et raciales, des drames d’identité nationale, culturelle et raciale. L’animal humain qui vit, avec enthousiasme, dans l’Histoire de Navigation Gaïenne et dans le Mythe Sophianique, et qui puise à la source de la puissance sacrée de ce mythe, est complètement libéré de tous ces drames. Et c’est un grand soulagement.

Je suis donc reconnaissant de l’occasion qui m’est donnée de mettre en exergue cette distinction. Je pense que vous percevrez, de suite, à quel point elle est fertile. La participation à l’Histoire de Sophia – et à son Expérimentation selon ses termes – signifie la non-participation à la mascarade et aux mensonges dans lesquels s’enchevêtrent la grande majorité des animaux humains.

Sur ce thème du drame, nous pouvons maintenant passer à la seconde partie de ces Instructions de Navigation. J’aimerais y donner quelques directions et partager avec vous mes intuitions quant aux facteurs clés de la Navigation. Elle est en cours alors que nous arrivons au milieu de la Correction. Et ce faisant, je voudrais vous poser cette question: nous savons tous ce que sont les drames, nous avons vécu des drames avec des gens. Commençons par analyser un drame personnel. Ma liaison avec Emma fut un énorme drame personnel. Il est clair que vous avez tous eu des relations amoureuses et des mariages et le début, le milieu et la fin de ces expériences ont été parfois chargées de drame. Je pense que vous seriez tous d’accord sur ce point, n’est-ce pas ?

Supposons maintenant que je vous pose cette question qui s’étendrait, et s’étendrait encore, au-delà du domaine de votre vie intime, de votre vie personnelle, de vos relations sexuelles ou, bien encore, de vos relations familiales. Et en s’étendant au-delà de tout cela, jusqu’où va la vague du drame ? Quel est le plus grand drame dans lequel vous puissiez être impliqué ? Quel est le plus grand drame qu’un animal humain puisse vivre ? C’est là une question intéressante et il est amusant de penser à cela mais je vais vous proposer une réponse simple et évidente: le plus grand drame de tout animal humain est d’être impliqué dans le destin de l’humanité.

L’une des manières dont le drame s’est auto-halluciné, à partir de la psyché humaine au cours des siècles, se trouve dans le complexe, bien sûr, du jour du jugement dernier, de l’Apocalypse, de la fin du monde. Tout ce bavardage ainsi que l’intégralité de ces déclarations et spéculations fantastiques, sur Internet, au sujet de l’année 2012 constituent un drame énorme – dont l’individu qui s’implique dans cette spéculation devient un participant. Le concept selon lequel vous pouvez participer – ou selon lequel vous devez inévitablement participer – au destin de l’humanité, constitue le drame le plus gigantesque au monde et constitue, également, un piège énorme – c’est un énorme traquenard. Vous arrivez à la fin de l’humanité lorsque vous arrivez à l’endroit en vous-même où vous choisissez de ne pas être être empêtré, sur un mode dramatique, dans le destin de l’humanité. C’est alors que vous prenez conscience, avec la clarté et la sobriété la plus absolues,  que vous bénéficiez d’une option. Cette option s’appelle la sorcellerie.

J’ai déjà signalé à plusieurs reprises, au cours des nombreuses causeries que j’ai données au fil des années, que le mot sorcellerie vient de la racine française, de la racine française médiévale, “sors”, qui est un mot très ancien et qui équivaut au mot latin “fatum” signifiant destin. Votre “sort” en français est votre destin, mais curieusement, le verbe “sortir” signifie partir ou s’en aller. Donc, en analyse fine, les mots sorcellerie et sorcier, qui dérivent de “sors”, signifient s’éloigner de quelque chose, s’éloigner du destin. Et quel est le destin dont vous vous éloignez? C’est le destin d’être aveuglément et dramatiquement empêtré dans la condition humaine. La sorcellerie est une séparation de la condition humaine et je prononce ces paroles en connaissance de cause. Mon amour pour l’humanité, et pour l’humanité en vous, me guide à vous conseiller, à tous, d’imaginer que vous pourriez vous séparer du sort, du destin, de l’humanité en général. Cela constitue l’acte suprême de la sorcellerie.

Don Juan a affirmé à Carlos Castañeda que la sorcellerie est l’acte de briser les paramètres de la perception. Lorsque le poète espagnol, Federico Garcia Lorca, a écrit son magnifique essai sur le “duende”, il a décrit le duende de plusieurs façons, y compris pour dire que le duende brise toutes les formes. L’une des formes qu’il brise, pourrais-je ajouter, c’est le moule de l’humanité. C’est la forme du conditionnement humain qui fait qu’un animal humain se positionne dans les plis de l’humanité. Castañeda – ou Don Juan pourrait-on dire, l’alter ego de Castañeda – a également évoqué cette problématique, en termes vraiment intimes, rigoureux – et hilarants en ce qui me concerne.

Vous vous rappellerez, peut-être, de la fois où Carlos a eu cette vision sublime et transcendante lorsqu’il était dans un état de conscience altéré. Je la décris dans La Passion de la Terre. Il est très probable qu’il ait vu le Christ éthérique – qui est l’image plasmique rémanente de l’Eon Christos résidant et résonnant, toujours, dans l’atmosphère de la Terre. Il s’est fourvoyé, comme le font souvent les gens, et l’a pris pour un être divin ou l’apothéose divine de l’être humain – ainsi que Christos est généralement considéré. Carlos a été ébranlé et ému car il croyait avoir vu la plus belle chose au monde :«J’ai vu la nature christique de l’humanité, qu’est-ce qui pourrait être plus grand que ça?» Il est alors retourné vers Don Juan et lui a raconté ce qu’il avait vu. Le vieux shaman, le vieux Nagual, a gloussé, a secoué la tête, l’a regardé et lui a dit: «C’est ce que les sorciers appellent le moule de l’homme; c’est juste une illusion. Dans la sorcellerie, nous perdons la forme humaine. Nous brisons le moule de l’humain.» C’est ce que Don Juan a dit à Carlos en cette occasion mémorable et c’est plus ou moins ce que je vous dis aujourd’hui.

Gardez cette pensée à l’esprit afin de la supputer et, pour un moment, permettez-moi de vous prendre la main et de vous emmener dans mon monde de cinéma. Je suis bien sûr, comme vous le savez peut-être, un scénariste et j’ai eu l’occasion, en 2002, d’écrire mon premier scénario fondé sur la vie de Sabina Spielrein qui fut la première maîtresse de C. G. Jung. C’est une histoire vraie, c’est l’histoire de sa vie qui est absolument stupéfiante. J’ai fait des recherches pendant neuf ans, puis, à partir de 1993, et ensuite en 2002, j’ai écrit un scénario sur Sabina et j’aimerais vous présenter la scène 37 dans le scénario. C’est une scène dans laquelle Jung et Sabina parlent au moment où elle est inscrite à l’école de médecine. En 1929, elle a environ dix-neuf ans et il a vingt neuf ans – donc dix ans de plus qu’elle. Il est marié à l’une des femmes les plus riches de Suisse, Emma Jung ,et il commence à avoir une famille. Mais il est profondément captivé et accroché à cette jeune femme russe, Sabina, qui est son étudiante, sa protégée et un génie absolu. Au moment où elle entre à l’école de médecine, elle est toujours en thérapie avec Jung; elle le rencontre dans son bureau plusieurs fois par semaine et ils échangent et c’est l’une des conversations qu’ils ont.

Sabina : « Croyez-vous que tout le monde ait un esprit gardien ? » Elle s’approche du bureau où Jung est assis et elle s’assoit à côté de lui.

Jung : « Comme le monde serait différent s’il en était ainsi! Le gardien est peut-être là, mais tout le monde ne peut pas détecter sa présence, et encore moins y répondre. »

Sabina : « Ça aide de lui donner un nom, j’appelle le mien Wanderer, le Vagabond. »

Jung : « Mais cela vient de Nietzsche, vous devez avoir lu Zarathustra. Wanderer est le nom qu’il utilise pour s’adresser à lui-même ou à son esprit supérieur, l’Übermensch, cette partie de lui qui le pousse, sans cesse, à aller au-delà de l’horizon, au-delà de ce qui est connu et établi, au-delà du bien et du mal. »

Sabina : « Je ne dirais pas que mon gardien est exactement comme ça, mais je n’ai jamais lu Nietzsche. »

Jung : « Vous ne l’avez pas fait ? Mais il ne peut pas s’agri d’une simple coïncidence. » Excité, Jung va à la bibliothèque pour y prendre un volume.

Sabina : « Peut-être que nos Wanderers se sont croisés, celui de Nietzsche et le mien. »

Jung : hochant la tête en pensant à sa remarque alors qu’il feuillette l’ouvrage. « Quand j’étais jeune, je sentais l’appel du surhomme. Nietzsche a eu une influence cruciale sur moi ; ses paroles pouvaient éveiller mon âme comme personne d’autre et ils le font encore. » Jung lit dans le livre . « Tu lèves les yeux quand ton désir doit s’exalter et je regarde vers le bas parce que je suis exalté, et qui parmi vous peut à la fois rire et être exalté ; celui qui escalade les plus hautes montagnes rit de toutes les tragédies, réelles ou imaginaire. » De retour à son bureau, Jung lui tend le livre.

Jung : « Je me souviens comment Zarathustra se dispute avec un saint qui a rejeté le monde. Il déclare qu’il aime l’humanité mais le saint l’avertit que l’amour de l’humanité le détruira. J’ai été profondément troublé par cet argument. »

Sabina : en regardant, avec désinvolture, le livre « Je pense que l’amour d’une personne doit suffire à détruire quelqu’un; imaginez ce que l’amour de l’humanité peut faire. »

Voilà donc un petit aperçu du scénario intitulé Sabina, qui a été écrit il y a dix ans, et que j’ai relu moi-même à l’instant. Et je vois à quel point il est approprié pour le sujet à l’étude.

Vous savez, j’ai beaucoup parlé de cette histoire d’Emma parce que c’est la légende génératrice du Tantra Planétaire. J’insiste toujours sur le fait que le Tantra Planétaire – qui est une vision et une pratique transpersonnelles – est venu au monde au travers d’une situation personnelle particulière. Il n’est pas tombé des nuages transmis par des anges et des séraphins; il n’est pas venu par channeling; il a émergé de l’expérience émotionnelle catastrophique qu’un homme a vécue avec une femme. Et qu’est-ce qui a déclenché, en fait, ce traumatisme catastrophique menaçant ma vie et qui, lorsqu’il s’est retourné, s’est métamorphosé en Tantra Planétaire? Qu »était-ce? C’est simple, la femme refusa son amour.

Imaginez que l’amour, que votre amour, puisse être refusé. Je peux vous dire que cela arrive vraiment. Cela m’est arrivé. Imaginez que votre amour, éruptant comme un jet de lave chaud de votre cœur, puisse être refusé lorsqu’il est offert à quelqu’un. Je parle de la dimension intime et personnelle des choses: il s’agit d’une femme refusant l’amour d’un homme ou d’un homme refusant l’amour d’une femme. Mais poussez cette dynamique à l’extrême. Supposons que vous ayez donné votre amour à l’humanité et que l’humanité ait refusé votre amour.

Permettez-moi de vous dire que c’est exactement ce qu’elle va faire – parce qu’il en est fini de l’humanité. Ce qui l’a achevée, c’est un agrégat complexe de facteurs – et il faut l’admettre. Mais ce qui lui a vraiment porté le coup fatal, au coeur même sans doute, c’est que l’animal humain ne puisse pas recevoir l’amour. Je veux que vous y réfléchissiez, c’est la fin de l’humanité. C’est le lieu, le moment dans le temps, dans l’Histoire, où l’animal humain ne peut recevoir l’amour. Je ne parle pas de la capacité de donner de l’amour, mais de la capacité à le recevoir.

Je suis très satisfait de mon scénario sur Sabina, non seulement parce que j’ai passé un moment fantastique à l’écrire, non seulement parce que j’aime Sabina Spielrein – comme si cette femme faisait partie de ma vie physiquement aujourd’hui – non seulement parce que je l’ai dans la peau et qu’elle est un adorable génie, mais parce que je suis capable de mettre en exergue, dans certains épisodes de ce scénario, certaines vérités sur la condition humaine et vous noterez dans cet épisode, dans cette scène, comment vous pouvez percevoir Jung dans son inflation. Vous avez le mâle dans toute son inflation.

C’est une inflation sincère et authentique, mais c’est une inflation. Nous avons, donc, Jung avec son emphase sur Nietzsche et sur l’Übermensch, le surhomme – qu’il perçoit d’une manière très idéaliste, bien sûr; et nous avons Sabina qui fait éclater sa bulle, astucieusement et habilement. Disons que je suis en train de jouer Sabina pour vous en ce moment et je vais faire éclater votre bulle. Mais, en fait, pour parler moins présomptueusement, ce n’est pas moi qui vais faire éclater votre bulle. Il se peut bien que vos bulles éclatent toutes seules.

Je vais vous lire quelques lignes d’un courriel que j’ai reçu aujourd’hui d’un membre de l’équipage. Il y est écrit : « John, après avoir écouté les Instructions de Navigation de ce soir, j’ai décidé de vous envoyer une chanson intitulée For Emma Forever Ago par l’artiste Bon Iver». Il me donne le lien vers la chanson et dit : « Je sens qu’elle convient pour cette fois maintenant que vous avez décidé de vous attaquer à l’amour et à la déchirure de la condition humaine. Fin 2009, j’ai vécu cette déchirure et ce tourment de la condition humaine comme résultat d’une confiance totale en l’amour pour un autre animal humain, une femme. Elle a brisé cette condition et je ne suis que reconnaissance pour cela, car elle m’a fait connaître mon véritable amour, la Divine Sophia». Ce message est signé, le Protecteur Dangereux.

Je suis donc heureux, et chanceux, d’avoir de tels protecteurs dangereux m’accompagnant dans cette Expérimentation. C’est merveilleux de trouver un tel message dans ma boîte de réception. Dans cette aventure, il existe une découverte de l’amour qui n’est, en rien, comparable à ce que l’on a connu auparavant. Pourquoi cela? C’est très simple et c’est tellement simple et élémentaire que seule votre connexion avec le transpersonnel vivant peut libérer l’immense pouvoir de l’amour qui vit en vous. Seule cette connexion le libère comme c’est si joliment exprimé dans ce message.

Savez-vous que – pour revenir à mes indications sur la roue de la compassion – qu’elle possède six rayons et que l’un d’entre eux est la polarité de l’amour et de l’indifférence. Vous voyez, le contraire de l’amour n’est pas la haine, mes amis, c’est l’indifférence. Plus vous aimez, plus vous vous abandonnez à votre capacité d’aimer et plus le pouvoir sacré de l’amour s’éveille en vous par la connexion transpersonnelle à la Terre – et plus vous pouvez devenir indifférent envers de très nombreuses choses. Et cette indifférence est une belle indifférence. C’est une sérénité et c’est une indifférence juste, équitable et harmonieuse. Si vous pouvez aimer, vous êtes libre de ne pas aimer. Si vous êtes vraiment attentionné, vous êtes libre de ne pas être attentionné. Que dire alors de la haine qui est, généralement, considérée comme le contraire de l’amour? J’ai émis quelques fortes remarques à propos de la haine. Permettez-moi de les nuancer lors de la conclusion de cette causerie.

Que dire donc de la haine? Quel est le rôle de la haine dans cette aventure, dans cet immense processus de Correction? Quel est le rôle de la haine alors que je me sépare de la condition humaine? Pourquoi haïrais-je quelqu’un qui demeure encore dans cette condition?

Rappelons-nous que la haine a, pour polarité, la générosité. C’est la surprise, c’est la vraie surprise! L’opposé de la haine n’est pas l’amour, c’est la générosité. L’amour et la générosité vont de pair. Lorsque vous ressentez ce pouvoir de l’amour à l’intérieur de vous-même, ce jaillissement sacré, c’est la générosité naturelle de l’animal humain qui l’accompagne, qui s’écoule avec lui. C’est un élément que nous partageons avec les Eons. La principale signature des êtres divins est la générosité. La générosité naturelle de l’animal humain est de vouloir donner son amour. Mais je vous préviens, et c’est aussi un conseil, qu’il est possible que l’humanité, dans son état actuel, ne soit pas capable de le recevoir.

C’est ainsi que la haine ressentie envers l’humanité, que je ressentais depuis que j’étais adolescent, n’est pas une émotion sombre, vicieuse, méchante, mesquine. Il s’agit juste d’une froide estimation du point de différence. Nous ne sommes pas tous un. C’est une illusion au même titre que l’illusion de la séparation. Je me comporte selon un certain mode et pas sur un autre. Certaines personnes se comportent sur des modes que je rejette. La haine fait cette distinction; la haine met en relief cette distinction. Pourriez-vous blesser un enfant de dix ans? Je ne le pourrais pas et je hais tous ceux qui le peuvent et le font.

Donc, lorsque j’ai parlé de haine, je voulais m’exprimer dans ce sens-là: c’est une sorte de responsabilité qui accompagne la générosité naturelle de l’animal humain. C’est une force de perception et de discernement. La haine est un pouvoir de discrimination et elle possède d’énormes facultés de protection. La haine est ce par quoi un animal humain définit son territoire – le territoire où l’amour peut vivre, survivre et prospérer. C’est cela que j’entends par haine.

Alors n’ayez pas peur de haïr, n’ayez pas peur de ce sentiment. Acceptez-le, mais contemplez-le avec sobriété et lucidité. Percevez-le avec la lucidité la plus totale. Et prenez conscience que la haine est, probablement, nécessaire à votre survie dans un monde où l’humanité est arrivée à sa fin.

Le 5 juin 2012.

Traduction de Dominique Anglesio. Revue et corrigée par Xochi